La tête dans les nuages

De Lyon à Singapour en Vélo

La tête dans les nuages

Jour 114 (24 novembre 2018)
Nous continuons notre route vers l’Est et ses montagnes. Pour se faire, nous passons la frontière interrégionale pour rouler dans le Tamil Nadu durant une centaine de kilomètres.

La différence avec le Kerala est impressionnante, tant en terme de paysages que de richesses et d’aménagement du territoire. Nous passons de petit champs de bananiers, entremêlés de rizières à d’énormes exploitations de cocotiers à perte de vue.

Le midi, on s’arrête dans un boui-boui. Après avoir commandé sans menu, le serveur place une feuille de bananier sur la table et pose dessus 2 galettes et des mixtures en sauce… Maintenant c’est à nous de nous débrouiller sans couverts, même si nous en avons au fond de nos pochettes : ça serait de la triche !

Nos lectures nous ont appris qu’il ne fallait se servir que de la main droite (la gauche étant reservée à la toilette) et en mangeant assez salement on arrive à se restaurer. Un lavage de mains, du visage et de la table nous permettent d’obtenir au rattrapage le badge « resto indien niveau 10 », avec pas mal de fierté !

Pour continuer sur la gastronomie, ici tout est très différent de ce que l’on connait tout en étant toujours un festival pour nos papilles. Nous avons par gourmandise toujours envie de goûter, de tester, de reprendre… et avons tendance à devenir un petit peu « boulimiques ».

Du coup après notre journée de 77 kilomètres nous faisons le choix de rester à l’hôtel et de se cuisiner de simples noodles pour laisser notre corps récupérer un peu.

 

Jour 115

Au programme aujourd’hui : une ascension de 1000 mètres pour se retrouver à Marayoor, afin d’atteindre la vallée de Munnar  (1200 mètres de dénivelé positif) le lendemain. Les premiers 25 kilomètres, relativement plats, sont expédiés rapidement et nous emmènent aux portes de la zone des réserves naturelles que nous n’allons pas quitter jusqu’à Munnar.

A l’entrée, on nous prévient de conduire prudemment car des éléphants ou des tigres pourraient être dans le coin. La route dans la réserve est très agréable : nous sommes au beau milieu d’une forêt sans ordures, le trafic est quasi-nul et on n’entends plus que rarement le son des klaxons, une aubaine pour nos petites oreilles !

Puis ça commence à grimper mais la pente est assez constante, ce qui très plaisant avec nos vélos chargés. En montant, la vue sur les différentes vallées est sublime, mais le brouillard quasi-permanent de la région empêcheront Rémi de capturer ces somptueux paysages avec son appareil photo.

Quelques heures plus tard, entre deux réserves naturelles, nous faisons la rencontre d’un groupe de singes, visiblement habitués aux visiteurs humains, qui nous dérobent nos peaux de bananes et nos paquets de biscuits vides en deux temps trois mouvements. On est assez scotchés par leur habileté, et probablement les seuls à ne pas s’en être trop méfié car les locaux nous disent souvent qu’ils n’apprécient pas ces animaux, alors que nous on adore les regarder se déplacer.

A 8 kilomètres de l’arrivée et 700 m de dénivelé dans les pattes, nous décidons de nous arrêter pour manger un bout et nous reposer. Rémi trouve un peu plus bas de notre arbre à pause des piscines naturelles qui nous donnent des envies de baignade. Nous finissons de manger et nous apprêtons à prendre nos serviettes quand un groupe de randonneurs locaux et 2 guides font leur apparition.

Ne sachant pas trop si l’on peut aller se baigner nous attendons qu’ils repartent. Deux selfies, et une bonne vingtaine de minutes plus tard nos randonneurs embarquent sur des motos pour rentrer vers la civilisation quand une deuxième file indienne arrive 🙂 … c’est pas gagné pour notre baignade… De plus, le guide du deuxième groupe vient nous voir pour nous signifier que faire une pause hors de la route n’est pas autorisée, et que nous devons repartir sur le bitume.

On l’aurait bien écouté mais son uniforme impeccable et ses chaussures de costard cirées à la perfection lui font perdre toute crédibilité. Après leur départ, ni une ni deux, nous fonçons nous baigner en express, et quand on rentre à nos vélos nous retrouvons notre fashion guide préféré et on lui fait le coup de bernie la plante ! Bref on est des hors la loi mais on a eu notre baignade !

En fin d’après midi, le propriétaire de la guesthouse où nous logeons s’occupe de nous aux petits oignons et nous emmène faire un petit tour de moto pour aller voir des dolmens sur une colline aux alentours. Il nous offre ensuite le thé et nous donne plétore de conseils sur les backwaters, notre prochaine destination au Kérala.

 

Jour 116

Objectif du jour : atteindre un col à 1900 mètres d’altitude (notre plus haut « sommet » depuis notre départ) pour ensuite basculer dans la vallée des champs de thé de Munnar. En fait, il ne faut pas plus de 5 kilomètres après notre départ pour que les champs de thés montrent le bout de leur nez, et à partir de là commence la route de montagne la plus belle de notre voyage.

Les arbre à thé donnent aux pentes des formes très esthétiques et surtout des nuances de vert que l’on ne s’était jamais imaginé avant. Couplez cela à de grands arbres aux fleurs rouges, une multitude de ruisseaux, un ciel bleu parsemé de nuages et la montée ne vous a jamais parue aussi agréable.

Nous atteignons le col très fiers en début d’après midi, et attaquons la redescente l’esprit obnubilé par ces paysages exquis.

Les inondations d’août dernier ont laissé des traces toujours très visibles dans les montagnes : glissement de terrains, dégâts sur les routes et même un pont entier a été emporté par les eaux. Heureusement, avec nos vélos nous pouvons passer sur la réparation temporaire qui consiste en trois poteaux de béton posés de part et d’autre de la rivière, cependant voitures, tuk-tuk et motos doivent faire un gros détour par la vallée suivante.

Certaines motos se risquent à la traversée de la rivière juste en dessous du pont, sous l’œil avisé des touristes indiens qui se marrent devant les échecs !

L’arrivée à Munnar est un peu brutale. Nous passons d’une route quasi-déserte bordée de plantations de thés allant à perte de vue, aux embouteillages de cette petite bourgade originellement peuplée par les travailleurs des plantations qui semble aujourd’hui un peu déformée le tourisme de masse…

***

PS : Avec un petit peu de retard la vidéo des 6000kms, enfin 6170 du coup…

10 réponses

  1. Maelle dit :

    Magnifique! Merci de partager la montée de ce col avec toute cette poésie verdoyante 🙂 très agréable de vous lire depuis mon bureau!!

  2. EMMANUEL PICAUD dit :

    Je citerai un vieux proverbe indien : « Mieux vaut rencontrer un singe qu’un tigre »

    Merci pour ce merveilleux carnet de voyage en tous les cas

    Manu

    • Rémi dit :

      Hello Manu, on va essayer de ne pas trop croiser de tigres à vélo promis. Contente que le blog te plaise. Bon courage pour le mois de décembre et bonnes vacances bien méritées ensuite =)
      J’espère que tout va bien à Lyon.
      Hélène

  3. Gabriel dit :

    C’est vraiment magnifique!! Merci de ce partage. Des bisous.

    • Rémi dit :

      Hello le normand ! Ravis de vous faire voir ces champs de thés envoutants. On a vraiment été bluffés et on ne s’est pas lassé de les regarder pendant deux jours ! Des bisous

  4. Patrick dit :

    Magnifique !

  5. Et toujours de magnifiques photos!!!!, les » champs de thé » en particulier, un régal pour les yeux! original et super

    • Hélène dit :

      Hello les landais ! Comme vous dites un vrai régal, on ne s’attendait pas à autant de vert luxuriant à 1500 m d’altitude. On va comparer avec les champs d’Asie du sud-est pour voir si c’est aussi beau. Des bisous. Hélène !

  6. Chevallier dit :

    Effectivement trop beaux ces champs de thé !!! Quel vert ! 😘

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *