Délicate redescente

De Lyon à Singapour en Vélo

Délicate redescente

Jour 117 (27 novembre 2018)

Journée de repos à Munnar. Nous partons donc à pied explorer les champs de thé, mais nous n’avons pas fait un kilomètre lorsque que l’on vient gentiment nous dire que nous ne pouvons pas nous balader sur les chemins sans prendre de guide. On avait lu que les champs était devenus un vrai business touristique, ça se confirme.

N’ayant pas trop envie de se retrouver dans un groupe de touristes pour faire une simple ballade, nous regardons plutôt la carte et trouvons une petite cascade à 17 kilomètres de notre hôtel. Nous enfourchons finalement les vélos et faisons un aller-retour sur une superbe petite route traversant les exploitations, qui n’a rien à envier à notre premier chemin.

L’après midi, nous allons au musée du thé, avec une vraie question : comment passe-t-on de la feuille de l’arbre au thé à infuser ? Il nous faudra subir durant 30 minutes un film de propagande sur KDHP (Kannan Devan Hills Plantation), la compagnie qui exploite l’intégralité des champs de la région (détenue par la groupe automobile Tata), puis une conférence de la même durée d’un « gourou » nous répétant en boucle que les chinois sont méchants et que le thé c’est bon pour la santé, avant d’être libérés et de descendre dans l’usine de fabrication.

Finalement le process est assez simple, et se résume en une petite ligne de production de quelques mètres. Les feuilles ramassées sont hachées 3 fois de suite, puis oxydées dans un réacteur, ou non en fonction de la couleur de thé à obtenir (vert ou noir) et enfin séchées. Même si le musée n’était vraiment pas extraordinaire, nous repartons avec la réponse à notre question initiale.

 

Jour 118

Après être montés à Munnar par une des routes la plus cool de notre voyage, c’est aujourd’hui la désillusion ! Nous repartons en faisant le choix de ne pas prendre l’autoroute pour redescendre l’autre versant, mais plutôt de couper au travers les montagnes de nouveau afin de rejoindre la côte.

Le topo, plutôt alléchant : 59 kilomètres, 1200m de dénivelé positif et 2800 de négatif.

Nous commençons avec 1200m de descente sur une route défoncée où nous ne relâchons jamais les freins. Il nous faudra 3h pour avaler ces 30 premiers kilomètres, ce qui ne fait pas une vitesse moyenne très élevée pour une descente de montagne !

Ensuite, nous pourrions qualifier la route de fractale : quelques grosses bosses, composées elles mêmes de plus petites bosses, sur une route à bosses (ou plutôt à trous). Bref, nous ne verrons pas un mètre de plat et les pentes à plus de 15% s’enchainent les unes après les autres. L’apothéose viendra juste après le repas avec une côte à presque 30% !

Quelques minutes plus tard :

Comme dans la fable c’est la tortue qui arrive en premier en haut et redescend encourager le lièvre :

Avec le poids de nos vélos et l’état de la route, nous mettons 2h à faire un peu moins de 10 kilomètres et ne voyons pas le bout du tunnel. Nous en chions en montée, nous en chions en descente, nos freins donnent de sérieux signes de fatigue et il reste encore 20 kilomètres jusqu’à notre auberge de ce soir…

Encore quelques bornes en rando/vélo pour Rémi et fractionné pour Hélène, il ne reste maintenant plus qu’un longue descente de 10 kilomètres (qui viendra à bout de nos plaquettes de frein). Nous la terminerons avec le coucher du soleil et arrivons à destination lessivés, quelques minutes après la tombée de la nuit.

 

Jour 119

Ce matin, contre-coup de la veille, c’est une petite forme pour Hélène qui n’avance à rien sur les premiers kilomètres de notre journée…

Pourtant nous en avons prévu 75 pour rejoindre Joshin qui nous accueille pour la nuit dans sa ferme aquacole au bord des backwaters. Au bout de 10 kilomètres de route d’une qualité égale à celle d’hier, c’est la crise à coups de « ils sont relous avec leur routes à trous », « ils pourraient pas faire des lacets une fois plutôt que de tailler dans le dur tout le temps » et « j’en peux plus de cette route » ! Cette route en piteux état nous permet tout de même d’admirer les champs d’hévéas et d’ananas.

A la pause déjeuner on étudie les différentes options : s’arrêter sans trop tarder pour que la demoiselle se repose et s’excuser auprès de Joshin ? continuer quand même ? Décision est prise de continuer car dormir chez l’habitant est toujours très enrichissant. La forme revient petit à petit dans l’après-midi, proportionnellement à ce que la route s’aplatit.

Le ciel commence à s’assombrir au dessus de nos têtes et à 10 kilomètres de l’arrivée éclate un violent orage selon nos standards, « only a small rain » selon les indiens. Nous nous mettons à l’abri et ne repartons qu’une heure et demi plus tard et ne trainons pas pour arriver avant le nuit chez Joshin.

Nous sommes accueillis par sa femme qui nous emmène dans un superbe loft, impressionnant par la taille de la pièce principale (que l’on estime à 1,5 fois la taille de notre appartement lyonnais ! ). Tout cela avec vue sur lac à poissons bordé de cocotiers, le rêve !

Nous mangeons encore une fois comme des rois et allons nous coucher pour une nuit de plus de 12 heures pour certaines.

6 réponses

  1. Patrick dit :

    Toutes ces images et vidéos magnifiques.
    Si je me doute bien que cameraman est bourré de talents (au moins autant que d’énergie dans les cuisses), je me demande avec quoi vous filmez ?

    • Rémi dit :

      On film avec une petite gopro chinoise (une xiaomi yi pour être exacte), puis on compresse pas mal le fichier pour le mettre sur le blog.
      Merci pour le compliment !
      A+
      Rémi

  2. CHANTAL LARUE dit :

    Bravo à tous les deux et les encouragements ++++++ pour Hélène
    en espérant que vous trouviez des routes plus accessibles…
    Bises
    Chantal

  3. Jean-Luc VIGNOLI dit :

    Merci pour ces photos toujours aussi magnifiques et dépaysantes, et pour ces vidéos au suspens prenant !!…
    Et BRAVO à Rémi pour être arrivé le premier, et encore plus BRAVO à Hélène pour être restée sur le vélo !!!
    Bonne continuation à tous les deux, et en espérant que vous allez trouver des routes en meilleur état, bisous bisous !!
    Jean-Luc.

  4. Justine dit :

    Et après on veut pas avoir de gros cuissots miss Sirvain…
    En tous cas, c’est quand même super impressionnant! Des bisous à tous les deux!

    • Hélène dit :

      En fait, mes biceps sont tellement développés que j’arrive pas à porter mon vélo sur des pentes aussi raides…alors ce sera les grosses cuisses et les biceps de chats pour moi au retour 😀

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