Passage au Cap Comorin

De Lyon à Singapour en Vélo

Passage au Cap Comorin

Jour 123 (2 décembre 2018)

Notre dernier jour dans le Kérala commence par une route côtière secrète (pas encore cartographiée) qui est coincée entre d’un côté une rangée de maisons de pêcheurs et de l’autre une plage remplie de barques multicolores.

Les gens ont l’air aussi surpris de nous voir que nous sommes étonnés de découvrir leur quotidien : sur notre passage on peut voir des gens se doucher, cuisiner, nettoyer, réparer des filets, s’occuper des barques, on a un peu l’impression d’être entrés dans les maisons tout en roulant !

Après une trentaine de kilomètres, nous retrouvons encore et toujours la 66 qui va nous emmener aux portes de la ville de Thiruvanathapuram, la capitale Kéralaise. C’est ici que nous retrouvons les thalis du Maharashtra, particulièrement affectionnés par Rémi, et qui se composent d’une bonne plâtrée de riz accompagnée de différentes sauces / légumes en sauce.

Un vingtaine de kilomètres dans le fournaise seront nécessaires pour traverser la ville et nous emmener dans le village de Kovalam. On retrouve de la pente raide pour descendre de la falaise vers le front de mer et il nous faudra une bonne demi-heure pour trouver notre auberge dans ce dédale de chemins étroits !

Pour se refroidir un peu, nous allons nous baigner dans un mer agitée avec des vagues assez imposantes : on est fans !

 

Jour 124

Ayant pris quelques coups de soleil la veille, nous nous armons de nos tee-shirts Mérino manches longues d’hiver histoire de ne pas trop nous exposer aujourd’hui. Seulement, cet effort est vain : le soleil ne se montrera pas de la journée et nous aurons même droit à un peu de pluie le matin (super efficace pour refroidir l’atmosphère temporairement) !

Nous quittons la côte pour rejoindre Nagercoil et la 66 nous fera une ultime fois le coup de la route en travaux, sauf que cette fois on passe littéralement sur le chantier qui se situe en plein milieu d’une ville, transformée pour l’occasion en bazar permanent. On se retrousse les manches, nous rappelons à notre bon souvenir notre devise autrichienne du « Pousse Porte Tire Tracte » et sortons de ce capharnaüm en une demi-heure.

Nous profitons de la fin de cette journée pour gouter les noix de cocos oranges que l’on voit depuis quelques temps aux bords de routes et qui nous intriguent car elles sont tout le temps vendues plus cher que les noix de coco vertes classiques pour une raison inexpliquée…Et bien en fait, rien de spécial et surtout pas de pulpe de coco à l’intérieur, vraiment triste pour nous qui adorons ça !

 

Jour 125

Ce matin c’est une journée relax avec uniquement vingt petits kilomètres à parcourir pour atteindre Kanyakumari, la ville à la pointe sud de l’Inde.

Nous posons nos vélos à notre auberge sur le coup de midi, avalons quelques parottas (délicieuses galettes salées) et filons à pied visiter l’attraction de Kanyakumari : deux petites iles à quelques centaines mètres de la côte qui abritent un mémorial et une statue visiblement célèbres.

Nous prenons nos billets de ferry, nous mettons sagement dans la file d’attente pour le prochain départ et c’est là qu’on commence à se marrer. Imaginez un ferry rempli d’indiens, qui portent tous un gilet de sauvetage orange fluo autour du cou, pour une traversée d’une centaine de mètres maximum et qui essayent de sortir tous en même temps du bateau ! Ça pousse, ça gruge, tous les coups sont permis pour sortir en premier. Même scénario pour l’embarquement, alors on emprunte la technique du selfie à nos copains indiens pour vous montrer comme on est beaux comme des camions avec nos gilets.

Les visite des deux îles est un peu voire carrément décevante : sur l’île du mémorial de Vivekanada (un philosophe du 19ième siècle hindoux) il y a juste deux minis temple, l’une est vide, l’autre uniquement rempli de la statue du philosophe, et sur la deuxième île on monte dans une statue représentant un autre philosophe indien de l’Antiquité cette fois et puis c’est tout. On a l’impression d’avoir loupé un truc en repartant mais visiblement non… Heureusement, on a pris trois fois le bateau !

 

Jour 126

Après analyse, il s’avère que la partie sud-est du Tamil Nadu que nous allons traverser est un désert d’hôtels. Nous avons donc une belle étape de 90 kilomètres aujourd’hui pour rejoindre notre destination.

Nous ne traînons pas pour nous lever et faire nos bagages, en anticipant une journée qui peut être longue en fonction de l’état de la route et de la météo. Un dernier coup de pompe à main, car ici les compresseurs des stations-service ne délivrent pas plus de 3 bars (quand il en faut 6,5 pour nos pneus) et nous partons la fleur au fusil aux alentours de 8h.

Nous sortons de la ville par une route aux odeurs écœurantes de poisson pourri, en nous disant que nous serons libérés une fois la route principale atteinte. Mais c’est finalement encore pire lorsque nous arrivons dessus, des poissons écrasés et en décomposition tout les 3 mètres, accompagnés de déchets moisis dans les caniveaux… nous sommes presque à la limite de nos capacités olfactives. Malheureusement, il n’y a pas d’échappatoire sans doubler les kilomètres qu’il nous reste à parcourir et nous continuons tant bien que mal sur cette route pestilentielle, que même le vent de face (30km/h) n’arrive pas à chasser.

La journée s’annonce éprouvante et chacun sur son vélo, sans concertation, imagine le scénario catastrophe : après 60 kilomètres scotchés par le vent et les naseaux engourdis, nous faisons signe aux camions passant par là de nous aider et le premier qui s’arrête est un transporteur de poissons qui nous invite à monter dans sa remorque…

Cette prophétie n’arrivera finalement pas et après 30 longs kilomètres la route s’assainit. Le point positif c’est qu’avec les odeurs nous avons squeezé les pauses et le compteur affiche 58km à midi.

Un bon repas dans un bouiboui crasseux, une petite pause dans la nature et nous terminons notre journée sur le vélo avec le sourire en repensant à l’épreuve du matin.

15 réponses

  1. Suzon dit :

    La photo des barques est vraiment magnifique 🙂
    Je compatis avec vos pauvres narines !
    Des bisous

  2. Habir dit :

    C’est tellement beau et rempli de sérénité qu’on croirait ne pas être sur la même planète.
    En vous lisant, je me demande parfois si je ne devrais pas être au même endroit que vous… (rire)
    Je vous souhaite une agréable route!!!
    A très bientôt.

    • Hélène dit :

      Coucou Habir,
      Si Bruxelles est un peu trop grise en ce moment tu peux toujours nous rejoindre en Inde ou en Asie du Sud-Est, normalement les paysages ne sont pas trop mal par là-bas 😉
      On espère que tout va bien pour toi et ta famille.
      Passes de bonnes fêtes de fin d’année.

  3. Amélie dit :

    Je confirme c’est magnifique toutes ces couleurs ! En revanche pas de photos de poissons pourris… Je comprend pourquoi vous n’en mangez pas ! 😁 Gros bisous.

  4. chantal larue bertin dit :

    Une bonne bouteille ouverte, attachée autour du cou d’huile Essentielle de menthe poivrée aurait fait l’affaire pour vous faire oublié le poisson ….. ah ah ah

    • Rémi dit :

      Vu la puissance des odeurs, ça n’aurait probablement pas suffit ! Mais c est vrai que ça aurait pu aider, on retient pour la prochaine fois… Bisous

  5. Camille et Hervé dit :

    Bien joué l’assortiment des couleurs 😉

    Les photos sont toujours aussi belles. Avec vos histoires, nous avons maintenant une autre vision de l’Inde ! Au final, on ne connait que les images des grandes villes.

    Profitez bien
    Bisous

    • Rémi dit :

      Tout les matins on se concerte sur les couleurs, c’est un gros travail :-).
      Nous aussi notre vision de l’Inde a pas mal changé, la magie du voyage a opérée.
      Bises à vous deux.

  6. Gabriel dit :

    Superbe!!! Bravo à vous deux.
    Bises.

  7. Gabriel dit :

    Excellent, je viens de vous laisser un message pour vous exprimer la beauté de vos messages et votre site me répond que j’ai déjà envoyé un message de ce type. Vraiment trop hi tech mon Rémy. Tu as même pensé à créer un historique pour que les gens ne t’envoient pas deux fois la même chose. Je suis épatée. Bises à vous deux.

  8. Charlotte dit :

    Vous nous faites tellement rêver, c’est splendide ! Les paysages sont plus incroyables les uns que les autres. Bon courage pour les odeurs. Rémi ta barbe <3

    • Rémi dit :

      J’ai du souffrir chez un barbier turque pour l’avoir : taille, épilation a la cire du nez et des pommettes, puis immolation des poils des oreilles à l’alcool 😌 !
      Bisous

  9. EMMANUEL PICAUD dit :

    Courrier avec les photos de turquie bien reçu
    Merci pour toutes ces nouvelles
    Tout le service suit vos aventures avec assiduité!!!
    Encore merci
    Manu

    • Hélène dit :

      Ah super qu’il soit arrivé in fine ! Je pense que la poste Turque vous l’a fait parvenir par calèche vu le délai de livraison ^^. Bonne dernière ligne droite avant les vacances pour tout le monde 😉

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