Un peu d’inattendu

De Lyon à Singapour en vélo

Un peu d’inattendu

Jour 309 (5 juin 2019)

Nous partons de bon matin bien décidés à renouveler les performances kilométriques de la veille. C’était sans compter qu’après 10 petits kilomètres dans une vallée encaissée nous sommes arrêtés par la police… Suite à des éboulements, des travaux sont en cours et il n’est plus possible de passer par cette route.

Nous demandons donc “l’itinéraire bis”, mais l’agent nous répond bien embarrassé qu’il faut passer par le tunnel de l’autoroute, et que celui ci est bien entendu interdit aux vélos. Il nous propose donc d’attendre 20h pour profiter de  l’interruption des travaux pendant la nuit…

Après analyse de la carte, nous nous rendons bien compte que nous n’avons pas vraiment le choix, les montagnes des deux côtés étant bien trop abruptes pour être franchies. Nous nous résignons donc à attendre toute la journée et allons s’installer dans le parc du village d’à côté.

Après deux heures d’attente, un policier municipal passe nous saluer et tient absolument à nous montrer son propre vélo. Une machine de compétition, de seulement 6 kilos. Il nous explique qu’il était pro dans l’équipe de Grèce, avant de nous annoncer qu’il existe une ancienne ligne de chemin de fer qui passe dans le fond de la vallée, de l’autre côté de la rivière, que nous pouvons suivre pour contourner le chantier en cours.

Il est déjà midi, nous tenterons notre chance cette après-midi. Il nous donne donc un deuxième conseil, pour manger abrité (compte tenu du ciel orageux) : aller à l’ancienne gare ferroviaire désaffectée. Celui-ci ne s’avère pas vraiment bon, lorsque nous comprenons que l’endroit a été transformé en un camp pour réfugiés, où nous ne nous sentons pas vraiment à notre place. Nous mangeons donc rapidement avant d’attaquer “la déviation”.

Nous sentions le plan “compliqué-autrichien” arriver et ça se confirme assez vite.

Avancer sur la voie de chemin de fer en poussant les vélos est assez laborieux et la distance à parcourir semble un peu plus longue qu’annoncée par notre policier. La pluie qui s’invite dans la partie n’arrange pas vraiment la situation.

5 bons kilomètres à tracter nos montures et nous finissons par trouver un chemin de randonnée pour sortir de ce bourbier.

Pas très emprunté et recouvert par la végétation, nos mollets subissent les ronces durant ce dernier tronçon qui nous mène à une église troglodyte, possédant un pont, nous permettant de traverser la rivière qui nous sépare de l’axe principal.

Une centaine de marches à remonter pour atteindre le niveau de la route et nous voilà de nouveau sur notre trace. Il est 18h30, nous aurions peut être mieux fait attendre le soir pour passer les travaux…

Encore 20 kilomètres à pédaler pour profiter de cette petite avance et nous terminons cette journée comme il se doit, avec les noodles de secours (importées de Malaisie).

 

Jour 310

Remis de nos émotions de la veille, nous partons tôt avec comme objectif de petit déjeuner au supermarché (nos pochettes étant maintenant vides), situé à 10 kilomètres de notre lieu de camping. Un grosse épine de ronce qui a embarqué hier, sur le pneu de Rémi nous met une demi-heure dans la vue…

Un copieux petit déjeuner, puis nous roulons sans encombres tout la journée, sous un beau ciel bleu.

Nous apercevons les falaises qui tombent dans la mer, dont l’eau est aussi turquoise que celle des côtes Malaises… Nous faisons une halte pour apprécier ce paysage côtier car c’est l’une des dernières fois que nous verrons la mer jusqu’à notre retour en France.

Nous enchaînons les petites bosses à travers champs et trouverons le jardin d’une petite église orthodoxe pour planter la tente après 90 kilomètres. Au moment de se coucher, une sono toute proche nous berce sur des rythmes orientaux dont nous n’arrivons pas à déchiffrer l’origine…

Il semble que nous ayons des copains de camp pas loin. Ne sachant pas si le camping-église est bien toléré ici, nous restons bien cachés dans notre tente… orange fluo.

 

Jour 311

Aujourd’hui nous faisons un pèlerinage Grec : nous passons d’église en église sans l’avoir pour autant planifié.
Après une bonne nuit de sommeil dans le jardin de notre petite église de la veille, nous repartons à travers champs par les petites routes.

Le midi, nous demandons si nous pouvons pique-niquer dans le jardin d’une deuxième église en plein ménage de printemps : tous les tapis sont sortis et nettoyés, les estrades de même et le jardin est en train d’être taillé. L’accueil est très chaleureux, nous avons droit à une table, de l’eau fraîche, des couverts et deux bananes en dessert ! Nous en profitons pour laver quelques habits, changer nos appareils électroniques et repartons après avoir remercié la dame de la paroisse qui s’est occupée de nous.

Après ce moment agréable, nous attaquons une petite session bucolique de vélo-TT sur les chemins entre les champs qui s’étendent à perte de vue.

70 kilomètres plus tard, nous repérons le jardin d’une église qui semble parfait pour camper, hélas il n’y a personne à qui nous pouvons demander la permission de planter la tente.

Nous voyant perdus devant la porte du saint lieu, un villageois et sa fille viennent à notre rencontre et à partir de là tout s’enchaîne : quelques coups de fils pour joindre le curé du coin, un café frappé, une glace et une conversation en anglais / allemand plus tard et nous avons l’autorisation de dormir à l’église, dans le plus grand des confort !

On nous ouvre une petite dépendance toute équipée (lit, table, bureau, cuisine…) où l’on peut passer la nuit. La famille qui nous a aidé est tellement aux petits soins que nous en sommes très touchés.

Nous passerons donc une nouvelle fois la nuit sous l’œil bienveillant de Dieu, qui a assuré aujourd’hui, il faut bien l’avouer !

5 réponses

  1. Suzon dit :

    La photo de la libellule est magnifique !!
    Profitez bien des dernières vues sur mer et de la Grèce !
    Bisous à vous deux

    • remi dit :

      Merci, c’est vif ces petites bêtes, pas facile à capturer ! Petite pause au bord d’une rivière, il y en avait des dizaines magnifiques d’un bleu électrique.
      Bises et… à bientôt sur Lyon !

  2. Colombe dit :

    Ah là là ! Des aventures jusqu’au bout !
    Attention aux tiques dans les herbes 😉
    Grosses bises, profitez bien !

  3. chantal larue dit :

    magnifique photo de libellule, pour le reste on oublie, cela sera à mettre au rang des souvenirs!!!
    des bisous

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